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Le polystyrène


Le polystyrène est une matière plastique omniprésente dans notre société. Dans nos maisons ? En France, 8 bâtiments sur 10 sont isolés avec du polystyrène expansé. Une maison neuve ? Des travaux de rénovation énergétique ? Très probable qu’il vous soit proposé – A moins de vous adresser à une entreprise soucieuse de l’environnement qui vous conseillera d’isoler avec des matériaux naturels comme la paille ou la laine de bois.

Plus proche du quotidien de chaque citoyen, on estime à 100.000 tonnes la quantité d’emballages en polystyrène commercialisé chaque année en France ! Et c’est un constituant majeur de la pollution par les plastiques. Comprenons pourquoi.

La fabrication du polystyrène

Comprendre la fabrication du polystyrène (expansé ou non) fait partie des arguments pour chercher des alternatives…

Première étape, le raffinage du pétrole permet d’obtenir du naphta. Ce mélange liquide d’hydrocarbures légers sert de matière première pour la synthèse du styrène. Il s’agit donc d’un matériau non renouvelable. Le styrène (présent aussi dans la fumée de cigarette) est toxique et inflammable. Sa synthèse nécessite de fortes températures, donc pour l’environnement, le climat…

Le styrène polymérise ensuite facilement, devenant polystyrène. Un peu comme si le styrène était une perle, et le polystyrène le collier.

Il peut ensuite y avoir expansion à la vapeur d’eau du polystyrène, cela donne le polystyrène expansé. Cela nécessite, outre l’eau et la chaleur, l’action d’un gaz d’expansion. Autrefois, on utilisait le fréon, un gaz CFC contribuant au « trou » dans la couche d’ozone. Depuis les années 1990, l’interdiction des CFC pour préserver la couche d’ozone a conduit les transformateurs à chercher des alternatives. Ils emploient désormais du pentane. Chauffé, il se vaporise. Cela crée des bulles qui rendent le matériau léger et isolant. Finalement, 98% du polystyrène expansé est de l’air (avec de faibles quantités résiduelles du gaz d’extension). C’est la version « pop corn économique » du polystyrène.

Autre possibilité, l’extrusion sous pression pour fabriquer du polystyrène extrudé, plus lourd et dense que le polystyrène expansé. Là aussi, un gaz d’extension est nécessaire : dioxyde de carbone ou gaz hydrofluorocarbure (HFC). L’un comme l’autre sont des gaz à effet de serre, mieux vaut éviter que de trop grandes quantités s’échappent dans l’atmosphère…

Le pentane

Le pentane, employé pour faire gonfler le polystyrène expansé, continue à être libéré au fil du temps… Ce gaz inflammable et toxique est aussi un solvant couramment utilisé en chimie organique, dans certains pesticides… Il est aussi employé dans certains circuits frigorifiques (congélateurs −80 °C par exemple).

Mais surtout, ce composé organique volatil (COV), peut réagir avec d’autres polluants sous l’effet des rayons ultraviolets du soleil, conduisant à la formation d’ozone troposphérique, nocif pour la santé humaine et l’environnement.

Le polystyrène dans la maison…

Les emballages ne sont dans votre maison que de façon transitoire. Mais ce n’est pas le cas du polystyrène expansé ou extrudé utilisé pour isoler la majorité des habitats…

En tant qu’isolant, on peut considérer que ce matériau bon marché isole bien du froid en hiver. Par contre c’est un médiocre isolant phonique et son déphasage est insuffisant pour assurer une isolation contre la chaleur estivale. Mais surtout, en cas d’incendie, il est inflammable et dégage des vapeurs toxiques !

Un drame est à l’origine d’une évolution des normes. Le 15 novembre 2010, un incendie criminel s’est déclaré dans un foyer de travailleurs migrants à Dijon. Le bâtiment, de 1973, avait bénéficié en 1987 d’une isolation thermique par l’extérieur en polystyrène. Le feu s’est propagé très rapidement par la façade, faisant fondre les menuiseries extérieures en PVC. Les suies et émanations de gaz toxiques se sont alors répandues à l’intérieur du bâtiment, empêchant toute sortie des résidents. Résultats, 7 morts.

Voulez-vous assister à un test au feu ? en voici un…

Les nouvelles normes en vigueur nous affirment que le risque est maîtrisé… néanmoins… En cas d’isolation avec du polystyrène, le risque de mourir intoxiqué avant d’avoir pu sortir du bâtiment reste très élevé en cas d’incendie.

A titre comparatif, regardez ce test fait sur de la laine de bois (qui est un excellent isolant thermique en hiver comme en été)

Très convaincant aussi, ce qui se passe en cas d’incendie dans une maison isolée avec de la paille (excellent isolant thermique en hiver comme en été)…

Et en fin de vie ?….

Le polystyrène n’est pas biodégradable. Jeté dans la nature, il reste dans l’environnement pendant… 1000 ans ? davantage ?

pots de yaourts en polystyrène

Un chiffre vertigineux relayé par un article de Geo : Chaque année, les français achètent quinze milliards de pots de yaourt en polystyrène. Ils ne sont pas recyclés, et finissent donc incinérés, voire jetés dans la nature. On y lit aussi que le polystyrène représente aujourd’hui 42% des plastiques incinérés et 27% des mises en décharge, alors qu’il ne représente que 16% des emballages en plastique mis sur le marché.

Savez-vous que les fragments de polystyrène sont l’un des 10 déchets les plus retrouvés sur les plages et dans les fonds marins, aux côtés des mégots et des bouteilles en plastique ? Or on le sait depuis plusieurs années, bien des animaux marins meurent, avec de nombreuses particules plastiques dans le tube digestif. Quant à nous, humains, nous avalons l’équivalent d’une carte de crédit de particules plastiques chaque semaine…

Les chercheurs étudient la biodégradation par des bactéries présentes dans le sol depuis les années 1960… ils ont des pistes. Mais c’est encore au stade de la recherche (article du CNRS).

Depuis des décennies, les chimistes essayent de trouver des solutions pour lui conférer une dégradabilité partielle ou totale. Transformer le polystyrène en carburant. Ou récupérer le styrène pour reproduire du polystyrène. La France a pris des engagements pour développer le recyclage du polystyrène… Car jusqu’à 2022, on ne recycle que 2-3% du polystyrène jeté en France, et ce à l’étranger. Or la loi AGEC fixe l’objectif de tendre vers 100 % de plastiques recyclés d’ici 2025… On construit une usine pour fabriquer des pots de yaourts à partir d’anciens pots…

les pots de yaourt que nous trions…

polystyrène

Vous voyez ce logo, avec l’abréviation PS et le chiffre 6, à l’arrière d’un emballage ? Vous pouvez ainsi identifier le plastique utilisé (6, PS = polystyrène). Ainsi vous pouvez mieux trier pour mieux valoriser. Mais ce logo ne signifie pas que la récupération et le recyclage de l’emballage sont assurés…

Concrètement, en France fin 2023, les pots de yaourt jetés dans la poubelle des ordures partent souvent à l’incinération, et ceux jetés dans la poubelle « recyclable » finissent presque tous en combustible solide de récupération, peut être dans une entreprise française type cimenterie… Peut être dans une centrale électrique « écolo » en Suède… Bref, les pots de yaourt finissent comme combustible, après un très long trajet si on les a triés.

Autre différence fabuleuse… En tant que combustible solide de récupération brûlé dans une cimenterie, il pourra y avoir dégagement de 30 mg de poussière / m3 dans les fumées, contre 10 mg dans les fumées des incinérateurs… (Source : enquête « sur le front : verre, plastique, qui bloque le retour de la consigne ?).

Diminuer les emballages

Pour diminuer les emballages, l’une des solutions est de les réutiliser. Vous ne jetez pas votre assiette et votre verre après avoir mangé ? Pourquoi donc ne serait il pas possible que les pots de yaourt et autres emballages soient réutilisés ? Au marché, si on achète yaourts, miel, oeufs… en direct du producteur, bien souvent ils récupèrent les pots, nous mettent les œufs dans notre boîte qu’on utilise aussi longtemps qu’elle est en bon état… Autant d’emballages qui ne devront pas être produits ni traités en déchets.

Une autre piste ? Si on fabrique soi-même ses yaourts par exemple, ce sera autant de yaourts qu’on n’aura pas achetés dans des pots en plastique… Donc autant de déchets en moins ! La recette est simple : prendre un yaourt (ou des ferments lactiques en sachet), le mélanger à un litre de lait, répartir dans des pots (en verre) et maintenir au chaud pendant 8 à 12 heures. Bien sûr, une yaourtière est très pratique pour les faire, mais ce n’est nullement obligé.

Sans électricité ? Je vous propose une recette en marmite norvégienne, cette solution très économique vous permettra de réduire vos déchets.


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