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Animaux

Le monde des animaux


Dans cet article, nous allons commencer par définir ce qu’est un animal. Puis nous préciserons la place des animaux dans la classification du monde vivant. Enfin, nous donnerons les grandes lignes de la classification de ce vaste groupe d’êtres vivants.

Qu’est-ce qu’un animal ?

L’étymologie nous indique l’image première qu’on a des animaux. Animal est un mot d’origine latine : anima signifie « vie », animalis veut dire « animé ».

Les humains, supérieurs aux animaux, eux-mêmes supérieurs aux végétaux ?

Consultons un vieil ouvrage. Le Mémento Larousse a longtemps fait référence. Dans la partie sur l’histoire et la géographie, on est projeté sous la troisième République, quand Albert Lebrun était président (il l’a été de 1932 à 1940), quand la France était un empire colonial possédant des territoires en Afrique, en Asie, en Amérique, en Océanie. Quand on considérait les femmes mariées « incapables d’accomplir les actes de la vie civile » (Les femmes n’ont voté pour la première fois qu’en 1945 ! – source).

A cette époque, les « sciences naturelles » étudiaient deux groupes distincts : le règne végétal et le règne animal. Les champignons y sont des « végétaux qui croissent dans les lieux sombres et humides » et les lichens sont « presque toujours des plantes parasites sèches ». Voici comment les animaux y sont définis : « Un animal est un être organisé, qui se distingue par deux qualités supérieures :1° Par l a sensibilité ; 2° par la faculté de se mouvoir volontairement. » Les humains y constituent une famille à part entière, avec 4 races (blanche, jaune, noire, rouge)…

Complétons avec ce qu’on peut encore lire aujourd’hui. Dans le dictionnaire Larousse (édition 2017), d’un point de vue imagé, « animal » peut être une injure à l’encontre d’une personne stupide, grossière ou brutale. On emploie aussi le mot « animal » par opposition aux êtres humains… Cela provient d’une ancienne vision où les êtres humains (euh… voire même que les « blancs ») sont au-dessus de la « Création », puisqu’on lit dans la Bible que Dieu a dit à Adam et Eve : « Remplissez la terre et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur toutes les bêtes qui vivent sur la Terre. »

connaissances actuelles

Ce qu’on sait maintenant, c’est que l’homme fait partie du monde animal. D’un point de vue génétique, il est très proche des grands singes, il appartient à l’ordre des Primates.

les primates

D’un point de vue biologique, il n’existe pas de races humaines qu’on pourrait différencier par la couleur de la peau. Enfin, si on considère les ravages des guerres ou les multiples pollutions et dégradations de la Planète engendrés par les activités anthropiques, il est difficile de penser que les humains seraient « bien » par opposition aux animaux qui seraient brutaux… J’avais beaucoup aimé un panneau installé sur un parking en forêt, du côté des Vosges : « Dans les bois, les animaux ne salissent pas, mais les hommes oui. Nous vous prions de vous comporter comme les animaux. »…

Concernant la sensibilité, on sait qu’elle n’est pas l’apanage des animaux. J’ai longuement détaillé la sensibilité des champignons, j’aurais pu faire de même pour les végétaux.

Enfin, tous les animaux n’ont pas une mobilité volontaire (si les gorgones pouvaient se déplacer, pendant l’été 2022 peut-être seraient-elles allées vers des eaux moins chaudes, mieux oxygénées… On n’aurait pas alors à déplorer la mort de ces coraux en Méditerranée)…

Inversement, parmi les « algues » par exemple, on peut observer au microscope la grande mobilité des euglènes…

Définition du dictionnaire du nom commun « animal »

Selon le dictionnaire Larousse (édition 2017), un animal est un être vivant, généralement capable de se mouvoir, se nourrissant de substances organiques et dont les cellules ne possèdent ni chlorophylle ni paroi cellulosique (par opposition à végétal).
Toujours cette opposition animal / végétal, oubliant tous les autres règnes…
Les champignons aussi se nourrissent de substances organiques et leurs cellules ne sont pas non plus chlorophylliennes…

La place des animaux dans la classification

classification phylogénétique simplifiée

Pour définir ce qu’est un animal, la science actuelle utilise essentiellement des critères cellulaires.

Les animaux, des eucaryotes

eucaryotes, archées et eubactéries

Pour commencer, comme les végétaux et les champignons, les animaux font partie du grand groupe des eucaryotes : Au microscope, on peut observer des compartiments organisant les cellules. En particulier, leur matériel génétique se trouve dans le noyau.

Des unicontes

Parmi les eucaryotes, on distingue deux grandes lignées. Comme les champignons et les amibes, à un stade de leur existence, les animaux produisent des cellules flagellées avec un seul flagelle. (Ce n’est pas le cas des végétaux, algues vertes, algues brunes etc.). On dit que ce sont des unicontes.

spermatozoïde

Le schéma ci-dessous représente, de façon simplifiée, la place des animaux dans la classification du vivant.

place des animaux dans la classification du vivant
Particularités des champignons et animaux par rapport aux amibes.
mitochondrie
  • Au microscope électronique, on peut observer des mitochondries à crêtes aplaties. Ces mitochondries permettent notamment la respiration cellulaire qui fournit aux cellules l’énergie nécessaire à la vie de ces organismes.
  • Le flagelle propulse la cellule qui en est pourvue vers l’avant. Chez les êtres humains, il s’agit exclusivement des spermatozoïdes.
  • Enfin, le glucide (« sucre ») de réserve est le glycogène. C’est une molécule qui ressemble à de l’amidon, dans les deux cas ce sont des « colliers » de glucoses. Le glycogène est un « collier ramifié ». Nous en stockons dans le foie et les muscles. (L’amidon est un mélange de « colliers linéaires » et de « colliers ramifiés » construits différemment du glycogène).

Spécificités des animaux

Enfin, précisons les spécificités des animaux par rapport aux champignons. En terme scientifique, les animaux sont des métazoaires : il s’agit d’organismes pluricellulaires.

cycle cellulaire
  • Si on observe attentivement au microscope, on remarque un centriole principal et un centriole accessoire perpendiculaire au premier. Au moment de la division cellulaire (mitose), ils deviennent les asters, des structures qui permettent d’ancrer le fuseau de division à la membrane plasmique. Ensuite ces fuseaux de division, se raccourcissant, tractent les demi-chromosomes vers les cellules filles.
  • A l’issue de la méïose, les cellules reproductrices formées sont des gamètes : ovocytes chez les individus femelles, spermatozoïdes chez les mâles. (Chez les champignons, ce sont des spores).
La matrice extracellulaire

Autre caractéristique. Chez les organismes pluricellulaires, les cellules sont assemblées entre elles en couches plus ou moins nombreuses. Les grosses molécules présentes entre les cellules constituent la matrice extracellulaire.

épiderme
  • Chez les végétaux, les microfibrilles de cellulose, fabriquées et sécrétées par les cellules, sont les principaux éléments de sa matrice extracellulaire. Elles constituent une paroi rigide autour des cellules.
  • La matrice extracellulaire des champignons forme aussi une paroi rigide autour des cellules. Elle contient notamment de la chitine.
  • Chez les métazoaires, on observe une protéine fibrillaire entre les cellules : le collagène… qui colle. En établissant de nombreuses liaisons entre les cellules, le collagène facilite l’adhésion de celles-ci et leur organisation en tissus. Dans le derme, ces fibres permettent aussi l’élasticité de la peau. Mais avec l’âge, ce réseau de fibres est modifié, provoquant le vieillissement de la peau. Nos os sont également riches en collagène, les industriels savent l’extraire pour obtenir de la colle ou de la gélatine. (Un os est un organe constitué de cellules et d’une importante matrice extracellulaire constituée à 85% de fibres de collagène. Ces fibres sont rigidifiées, solidifiées, par l’imprégnation du collagène par de l’hydroxyapatite et du carbonate de calcium.

Métazoaires et eumétazoaires…

Dans le monde des animaux, on distingue les éponges des eumétazoaires, les « vrais métazoaires ».

  • Chez les éponges, les lignées cellulaires sont mal identifiées.
  • Les eumétazoaires se caractérisent par le fonctionnement coordonné de leur différentes cellules : nerveuses, musculaires, sensorielles etc.

La classification des animaux

Depuis plusieurs décennies, les scientifiques ne se contentent plus de deux groupes pour classer les animaux, vertébrés d’un côté, et invertébrés de l’autre. En effet, quelle caractéristique commune possèdent un ver de terre, un oursin, une moule, une écrevisse et une araignée ? Certes, ils n’ont pas de squelette, mais sinon, en dehors des particularités communes à tous les métazoaires, ils n’ont guère de point commun ! Donc ils sont dans des groupes différents. C’est ce qu’illustre le schéma ci-dessous. J’ai légèrement simplifié par rapport à une classification complète.

Classification simplifiée des différents groupes d'animaux

On commence par regarder la symétrie de l’animal et le nombre de feuillets embryonnaires.. Les cnidaires (méduses, coraux) ont une symétrie radiale et leurs embryons présentent deux feuillets. Les autres animaux, à symétrie bilatérale, sont des bilatériens.

Les animaux à symétrie bilatérale

embryon de type gastrula

Un embryon bilatérien possède trois feuillets : endoblaste, mésoblaste, ectoblaste (d’autres termes peuvent être employés). A un stade de son développement appelé gastrula, cet embryon possède un orifice : le blastopore. Selon son devenir notamment, on distingue deux grandes lignées : protostomiens et deutérostomiens.

Protostomiens

Chez les protostomiens, le blastopore donne la future bouche. L’anus se perce secondairement. De plus, le système nerveux est ganglionnaire et ventral, à l’exception des ganglions cérébroÏdes. Deux lignées se cachent sous ce nom savant de protostomiens :

D’un côté les mollusques (gastéropodes : escargots, limaces… et bivalves : moules, huîtres…) et des vers (annélides : lombrics, néréis… et plathelminthes : vers plats) partagent des séquences communes dans certains gènes.

De l’autre des animaux qui vivent dans une cuticule rigide et inextensible, imposant à l’animal une croissance par mues. Il s’agit des arthropodes (arachnides à 8 pattes et 0 antennes : araignées et scorpions, crustacés à 2 paires d’antennes et plusieurs paires de pattes : crevettes, écrevisses… insectes à 1 paire d’antennes et 6 pattes : papillons, fourmis, abeilles… et myriapodes à 1 paire d’antennes et de très nombreuses pattes : « mille-pattes ») et des nématodes (petits vers comme l’ascaris).

insectes pollinisateurs
DEutérostomiens

Chez les deutérostomiens, le blastospore donne le futur anus. La bouche se perce secondairement. On y trouve :

  • Les échinodermes (oursins, étoiles de mer…) qui ont une symétrie et un système nerveux particuliers
    • Les vertébrés, avec un système nerveux tubulaire dorsal dont une partie est protégée par un crâne. Ce groupe est lui-même subdivisé en :
      • lamproies possédant une bouche circulaire formant une ventouse,
      • chondrichtyens (poissons cartilagineux : requins, raies),
      • ostéichthyens à l’origine des actinoptérygiens (poissons osseux) et des tétrapodes.
      • L’évolution des tétrapodes a permis la formation de plusieurs groupes :
        • lissamphibiens (grenouilles, crapauds, salamandres…)
        • mammifères,
        • chéloniens (tortues),
        • squamates (lézards, serpents),
        • archosauriens à l’origine des crocodiliens (crocodiles) d’une part, dinosauriens et oiseaux d’autre part.
    héron cendré

    Vous le constatez, dans l’actuelle classification des animaux, on ne parle plus d’invertébrés, ni de poissons, ni de reptiles. « Poisson » est devenu « lamproies », « chondrichtyens » et « actinoptérygiens ». « Reptile » est devenu « chéloniens », « squamates », « crocodiliens », « dinosauriens ».

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